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NE
RECHERCHE
INNOVANTE
Réinventer le mode de gouvernance
L’Etat seul n’a pas la capacité d’immatriculer les terres rurales et les communautés seules ne le peuvent pas non plus. Une complémentarité entre les deux
est nécessaire.
Les communautés ont une bonne connaissance de leurs terres ce qui représente une richesse incontestable qu’il faut absolument potentiali-
ser et exploiter
. Pour le faire, une relocalisation de la gouvernance de la terre est nécessaire. Dans cette dynamique, les comités villageoi s de gestion fon-
cière rurale (CVGFR) ont un rôle majeur à jouer. C’est en effet sur eux que repose la clarté des contrats. Le rôle des CVGFR doit être étendu à :
- La création de registres fonciers communautaires, cartes des villages indiquant les espaces géographiques et les liens des habitants à la terre (Détenteur de
droits coutumiers, usagers, etc.)
- L’enregistrement, pour les terres familiales, du nom du référent qui peut agir au nom de tous
- L’assistance des parties lors de la passation des contrats
- L’archivage des informations foncières du village
La relocalisation de la gouvernance de la terre est un moyen de réconcilier la tradition et le modernisme dans un contexte de globalisation
. C’est une poli-
tique moderne qui permet à la Côte d’Ivoire d’afficher audacieusement sa spécificité tout en devenant un espace plus attracti f. Car, on ne peut pas émer-
ger matériellement en se perdant intellectuellement et culturellement.
Ce nouveau cadre de gouvernance, cercle vertueux entre l’Etat et les communautés, est un terreau très favorable à la formalisation des terres ce qui aidera
le gouvernement dans la mise en œuvre de la loi de 1998 qui régit le foncier rural.
Réinventer la richesse de la Terre !
Terre Mère nourricière mais aussi bien marchand, c’est possible ! Grâce à une contractualisation claire, avant même d’être immatriculées, les terres ont de la
valeur dans leur espace coutumier et les revenus de la terre peuvent absolument être individualisés. Chaque usager profite des fruits offerts par son travail. Le
risque d’investir en milieu rural diminue drastiquement, car quand un accord est transparent et reconnu socialement, les risques de contestations diminuent
et la cohésion sociale est renforcée. Le terrain devient favorable à l’emprunt, à la mise en valeur et à la création de richesse.