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Les idées fortes
Le Pr Christophe préfère assimiler ou substituer la
notion de bien commun à celle de « service
public », qui se développe depuis les
indépendances en distinguant les
intérêts publics de ceux, privés. Dans
cette perspective, il constate en le
regrettant que le fonctionnement des
Etats africains est informel et que le
service public, peu performant, en est
au stade embryonnaire.
Pour Alban Ahouré, pour répondre à la
défaillance des Etats africains, des solutions
alternatives de gouvernance des biens commi-
uns existent, telles que le modèle qui a valu le Prix
Nobel à l’économiste américaine Elinor Ostrom. Il
s’agit d’un modèle de
gouvernance locale
décentralisée et participative
des biens
communs. Cette nouvelle gouvernance qui
n’exclut par l’Etat, permet de limiter sa fragilité et
sa défaillance tout en créant localement une
valeur ajoutée partagée. Des arènes de
coordination, formes de discussion et de partage
d’information selon des normes de réciprocité,
constituent des facteurs de succès. Une voie très
adaptée au contexte africain.
Le Pr Salamito explique que selon Saint Augustin,
ces biens appartiennent au peuple, multitude
d’êtres raisonnables associés par la participation
commune et dans la concorde à
quelque chose qu’ils aiment et qui
les rassemble. Loin de tout élitisme, le
bien commun est un bien moral
objectif et universel. Les nombres et
les vérités mathématiques en sont
un, qui se partage et ne s’use pas.
De même que la vérité, commune à
tous, ou le bonheur, bien suprême
Selon le Pr Bohoussou, la propriété intellectuelle
accordant un monopole sur les idées (biens
communs par essence), il est en profonde
contradiction avec le principe de la liberté de
commerce et d’industrie selon lequel la
concurrence
gouverne
le
marché
sans
protection. Pourtant, le droit de la propriété
intellectuelle présente, à bien des égards, des
avantages pour les biens communs en les
enrichissant. En effet, la protection de l’invention
encourage l’innovation. La protection ayant une
durée définie dans le temps, elle l’enrichit
lorsqu’elle revient dans le bien commun.
Un système judiciaire
indépendant pour
améliorer la
gouvernance des
biens communs