Page 5 - bcenglish

Version HTML de base

5
nécessaires.
Réinventer le mode de gouvernance
L’Etat seul n’a pas la capacité d’immatriculer les
terres rurales et les communautés seules ne le
peuvent pas non plus. Une complémentarité
entre les deux est nécessaire.
Les communautés
ont une bonne connaissance de leurs terres ce
qui représente une richesse incontestable qu’il
faut absolument potentialiser et exploiter
. Pour le
faire, une relocalisation de la gouvernance de la
terre est nécessaire. Dans cette dynamique, les
comités villageois de gestion foncière rurale
(CVGFR) ont un rôle majeur à jouer. C’est en effet
sur eux que repose la clarté des contrats. Le rôle
des CVGFR doit être étendu à :
-
La
création
de
registres
fonciers
communautaires, cartes des villages indiquant
les espaces géographiques et les liens des
habitants à la terre (Détenteur de droits
coutumiers, usagers, etc.)
-
L’enregistrement, pour les terres familiales, du
nom du référent qui peut agir au nom de tous
-
L’assistance des parties lors de la passation des
contrats
-
L’archivage des informations foncières du
village
Pour être efficaces, les comités doivent être
composés des acteurs clés du foncier dans les
villages et leur organisation doit être mieux
structurée. Cela ne peut se faire que sous
l’impulsion de l’Etat qui doit assurer la mise en
place, le contrôle et la formation des comités. Le
jeu en vaut la chandelle.
Relocaliser la
gouvernance permettra d’améliorer la sécurité
foncière, terreau favorable à l’investissement
. En
dépendent l’agriculture, la sécurité alimentaire, la
réduction des conflits, la cohésion sociale.
La relocalisation de la gouvernance de la terre
est un moyen de réconcilier la tradition et le
modernisme dans un contexte de globalisation.
C’est une politique moderne qui permet à la
Côte d’Ivoire d’afficher audacieusement sa
spécificité tout en devenant un espace plus
attractif. Car, on ne peut pas émerger
matériellement en se perdant intellectuellement
et culturellement.
Ce nouveau cadre de gouvernance, cercle
vertueux entre l’Etat et les communautés, est un
terreau très favorable à la formalisation des terres
ce qui aidera le gouvernement dans la mise en
œuvre de la loi de 1998 qui régit le foncier rural
.
Réinventer la richesse de la Terre
Terre Mère nourricière mais aussi bien marchand,
c’est possible! Grâce à une contractualisation
claire, avant même d’être immatriculées, les
terres ont de la valeur dans leur espace
coutumier et les revenus de la terre peuvent
absolument être individualisés. Chaque usager
profite des fruits offerts par son travail. Le risque
d’investir en milieu rural diminue drastiquement,
car quand un accord est transparent et reconnu
socialement, les risques de contestations
diminuent et la cohésion sociale est renforcée. Le
terrain devient favorable à l’emprunt, à la mise en
valeur et à la création de richesse.
Les résultats de l’étude seront présentés publiquement en février 2016.