Portrait d’Homme libre : le paysan

On voit en Afrique des paysans travaillant leur terre, parfois même des parcelles importantes et qui pourtant manquent de tout. Ils vivent dans les maisons les plus modestes, n’ont pas toujours les moyens de scolariser leurs enfants ni de les soigner convenablement. On les voit travailler la terre avec des instruments traditionnels. Ce sont le plus souvent des gens pauvres, voire très pauvres. A l’inverse, aux Etats Unis par exemple, ces mêmes paysans sont riches, pour ceux qui ont de grands domaines, et les autres arrivent à vivre dignement en s’offrant l’essentiel. La seule différence qu’il y a entre les deux portraits est la liberté. En effet, quand la liberté est implantée, les paysans deviennent des propriétaires terriens, cela veux dire qu’ils ont un titre de propriété qui leur permet de prouver, sans aucune contestation possible, que la terre est à eux. Cette sécurité est d’autant plus importante qu’elle leur donne de la force face à un banquier s’ils veulent obtenir un prêt pour mettre en valeur et moderniser leur exploitation. Ce titre leur permet également de transmettre la terre à leurs enfants ce qui fait que, de génération en génération, ils ont la certitude que le travail d’une vie ne s’arrêtera pas à leur dernier souffle. Cela change totalement l’état d’esprit et l’engagement personnel, ça incite à faire mieux et à se dépasser. Un paysan propriétaire de sa terre devient un entrepreneur à part entière, ce qui le responsabilise et lui donne plus de crédibilité dans la société. Il s’ensuit une augmentation de sa production et une amélioration de la qualité de ses produits. Si l’on prend l’exemple de la Chine dans les années 80 où la terre était entièrement à l’Etat, une histoire raconte que, dans un petit village, les paysans avaient secrètement réparti la terre entre eux. En toute illégalité, chacun avait sa parcelle et en gardait les fruits après avoir donné à l’Etat la part qu’il exigeait. Immédiatement, l'investissement, l’effort de travail, et la productivité ont augmenté. Il est d’ailleurs étonnant de voir la liberté tellement négligée dans la recherche de solution face à l’insécurité alimentaire. Le droit de la propriété privée est une solution contre la faim.

En poussant plus loin le raisonnement, si, par chance, le paysan trouve de l’or ou du pétrole sous son maïs, dans un environnement libre, l’Etat ne va pas le dédommager pour prendre sa place et sa richesse, c’est lui qui va bénéficier de ses nouveaux revenus providentiels. Dans un pays libre il devient riche. Il a une grosse villa, plusieurs voitures, une piscine comme nous le montre les films américains avec les riches texans exploitant le pétrole découvert sur leurs terres alors qu’ailleurs, comme au Nigeria par exemple, le même paysan est condamné à laisser ses enfants croupir dans les flaques derrière les grilles protégeant l’exploitation réquisitionnée par l’Etat parce que sa terre n’est pas sécurisée. C’est ça aussi le manque de liberté. C’est la pauvreté, la domination, l’humiliation, l’exclusion.

Que peut encore apporter la liberté à un paysan ? Il pourra vendre sa production plus facilement car il ne sera pas freiné et étouffé par le racket sur les routes ; il va même pouvoir vendre ses récoltes en dehors du pays car les tarifs douaniers seront raisonnables, voire inexistants, qu’il ne sera pas soumis à la corruption et que les formalités seront plus simples. Et si les produits circulent bien, cela veut dire que ceux venant le plus souvent de l’extérieur, nécessaires à son exploitation, seront moins chers. Tout devient plus simple dans un environnement libre et les énergies se multiplient. La liberté n’est pas un mot vide, c’est un moteur !

Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut Afrique

Article initialement publié par l'Intelligent d'Abidjan qui a la paternité de cette idée de promotion de la liberté à travers différents portraits d'hommes.

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