Un régime parlementaire en Afrique

Aides publiques détournées, atteintes majeures au droit de propriété, bureaucratie, clanisme, clientélisme, corruption effrénée, dictatures, guerres endémiques, militarisme, népotisme, parti unique, planisme, protectionnisme, tribalisme, et finalement pauvreté persistante : tel est le cruel constat qui peut être effectué du continent africain depuis maintenant de longues décennies.Toutefois, sauf à verser dans le holisme, mêler les différents pays africains dans un tout indistinct serait plus que superficiel. Le Botswana n’est pas le Zimbabwe, le Maroc n’est pas l’Ethiopie, et les difficultés culminent pour l’essentiel dans bon nombre de pays de l’Afrique sub-saharienne.

Quoi qu’il en soit, les chiffres, eux aussi, sont implacables. Publié chaque année depuis 1995 par le Think Tank américain Heritage Foundation l’indice de la liberté économique – qui comprend les libertés financière, d’entreprise, du commerce, de ne pas être pressuré par les prélèvements obligatoires, du contrôle de la taille du gouvernement, d’avoir une monnaie indépendante, d’investir, de protéger les droits de propriété, de s’émanciper de la corruption, et de contrat sur le marché du travail – est toujours au plus bas dans la plupart des Etats africains.

La lutte pour le Pouvoir y est en même temps un combat pour l’appropriation des richesses, un moyen tout à la fois de contrôle et de distribution de celles-ci. Autrement dit, l’accès au Pouvoir commande l’accès aux biens. L’affairisme et le « marché politique » règnent en maître. C’est ce que certains ont appelé le néopatrimonialisme néo- patrimonialisme, c’est-à-dire l’association de la personnalisation du Pouvoir et de la confusion des sphères publique et privée au profit des chefs d’Etat. Occuper les plus  hautes  fonctions  du  pays  permet,  en  termes  économiques,  aux hommes politiques de maximiser leurs profits, d’étendre la sphère publique à leur avantage et à celui tant de leurs proches que de leurs affidés, et en dernier lieu de leur octroyer le monopole prétendument  légitime  de  la  force  pour  empêcher leurs rivaux de bénéficier du « marché politique ».

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